« Quand on sait écrire le nom de cette maladie, c’est que l’on connait quelqu’un de son entourage qui l’a. »

 La peur de voir le passé s’effacer, se désagréger peu à peu dans le regard de l’autre. L’envie de retenir la personne, de lui hurler à toute heure du jour ou de la nuit, qu’on est là, qu’on l’accompagne, qu’il faut absolument qu’elle nous reconnaisse, qu’une partie de notre histoire est liée à la sienne.

Ça commence par de petits détails : il ne sait plus où sont rangés les verres,  semble parfois perdu, fatigué…
Puis arrive la perte progressive des repères, il ne reconnait plus sa maison, puis ses proches. C’est un naufrage lent, douloureux pour la famille qui y assiste, impuissante.
Elle essaie de stimuler la mémoire, de parler le plus possible des souvenirs heureux, de rappeler à elle la personne qu’elle a connue, qui est encore là, mais semble déjà partie ailleurs.
Mais quand on se plonge dans ses yeux, qui semblent vide, en cherchant bien, on peut reconnaître cette petite étincelle de vie qui nous emmène avec elle vers cet être que nous connaissions si bien.
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Chronicle, de Josh Trank

Après avoir été en contact avec une mystérieuse substance, trois lycéens se découvrent des super-pouvoirs. La chronique de leur vie qu’ils tenaient sur les réseaux sociaux n’a désormais plus rien d’ordinaire…

D’abord tentés d’utiliser leurs nouveaux pouvoirs pour jouer des tours à leurs proches, ils vont vite prendre la mesure de ce qui leur est possible. Leurs fabuleuses aptitudes les entraînent chaque jour un peu plus au-delà de tout ce qu’ils auraient pu imaginer. Leur sentiment de puissance et d’immortalité va rapidement les pousser à s’interroger sur les limites qu’ils doivent s’imposer… ou pas !

          J’ai été voir ce film avec des amis, nous étions assez intrigués par la bande annonce. Trois ados qui obtiennent des super-pouvoirs. Les possibilités du scénario sont infinies. On commence par se pencher sur le cas dAndrew, un jeune homme renfermé sur lui-même. Son père, était pompier jusqu’à ce qu’une blessure le mette hors-jeu. Depuis, il reste chez lui à boire bière après bière, a un comportement violent envers son fils. Comme si cela ne suffisait pas, sa mère est gravement malade et passe ses journées alitée peinant à respirer. C’est dans cette ambiance malsaine que vit Andrew. Il se paie une caméra et commence à filmer son quotidien. Elève rejeté par les autres, heureusement que son cousin Matt est là, grand, brun, populaire, tout son contraire. Et le troisième protagoniste, Steve est le petit rigolo de la bande, lui aussi populaire.

          Mais qu’est-ce qui pourrait rapprocher des personnes aussi différentes ? Une exposition fortuite à une substance extraterrestre bien sûr ! Après cela, ils ne seront plus les mêmes, d’étranges capacités se développeront avec en parallèle des saignements de nez assez extraordinaire quand ils dépassent les limites. Heureusement, utiliser ses pouvoirs, c’est un sport! Le corps s’habitue et bientôt nos trois joyeux lurons sont capables de léviter, voler et qui sait, peut-être même jouer au quidditch !

        En développant leurs pouvoirs, ils se rendent compte que ceux-ci s’accroissent au fil du temps, et Matt, le preux chevalier décide qu’il vaut mieux établir des règles. Celles-ci sont très mal acceptées par Andrew qui décide de suivre son propre chemin.

Mon avis :

          Je ne sais pas si j’étais réellement en mesure d’apprécier ce film, la manière de filmer, les personnages stéréotypés… celui d’Andrew m’a beaucoup agacé…Une fille mise en valeur seulement pour servir de faire-valoir au preux chevalier…

          Des longueurs tout au long du  film, je n’ai pas compté le nombre de fois où je regardais ma montre…

          Et Vous, qu’en avez-vous pensé?

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Rattrapés…

Allongée sur le lit, je regardais le plafond, d’une blancheur immaculée en songeant à ma journée. Un craquement soudain me tira de mes pensées. Je me redressai immédiatement et regardait la porte-fenêtre à demi ouverte afin de laisser entrer la fraîcheur de la nuit. Le rideau de satin blanc ondula légèrement. Je percevais quelque chose d’anormal, nous étions la seule habitation à des kilomètres à la ronde. Je me levai, sur mes gardes, j’habitai seule avec mon mari sur cette plaine déserte et celui-ci se trouvait au salon où je l’y avais laissé quelques minutes plus tôt… Se pouvait-il que ce soit… Non, ils ne pouvaient pas nous avoir retrouvés, pas si vite. 

La porte-fenêtre coulissa lentement, sans le moindre heurt. Abandonnant tout courage, je me glissais silencieusement dans la salle de bains attenante dont je verrouillai la porte.

Un pas lourd se fit bientôt entendre, il n’avait rien de commun avec la démarche d’Etienne, mon mari, qui était plutôt alerte. Cela confirma mes soupçons. On allait le tuer. Mû par un regain d’énergie, je me ressaisis, s’ils nous avaient rattrapés, nous devions fuir. Mais avant cela, nous devions nous débarrasser de cet homme de main. Le prendre par surprise et l’éliminer. Cela nous laisserait quelques heures de répit où nous pourrions de nouveau disparaître, et cette fois de manière définitive. Je regardais autour de moi si je ne trouvais pas un objet susceptible de nous tirer de ce mauvais pas. Le temps pressait, et malheureusement, mon arme était restée dans la cuisine, qui se trouvait à côté du salon. Je maudis cet oubli et en désespoir de cause, je m’armai de mon sèche-cheveux. J’entrepris d’ouvrir la porte aussi silencieusement que possible. J’étais étonnée que l’homme n’ait pas fouillé la salle de bain, il devait penser me trouver au salon en compagnie d’Etienne. Je m’y faufilai furtivement, sans croiser l’individu. 

C’est là que je les vis, Etienne, assis dans son fauteuil, l’ordinateur sur les genoux, il devait être en train de rédiger son rapport quand l’intrus avait fait son apparition. Celui-ci le tenait en joue, me présentait son dos large et musclé. Je vis mon mari lui tendre un disque. C’en était trop, il n’allait tout de même pas lui voler son travail, fruit de toute une longue vie de recherche. Mon sang ne fit qu’un tour, et j’abattis mon sèche-cheveux sur sa tête avec toute la force de mes quatre-vingt-huit années d’existence. J’entendis alors un craquement nettement plus sec que celui que j’avais perçu dans ma chambre. Et l’homme s’effondra, le crâne ruisselant de sang.

Mon mari s’évanouit, il avait le cœur fragile le pauvre. Le cardiologue lui avait recommandé de se ménager, toutefois j’estimai que c’était là un cas de force majeure et je lui donnai deux vigoureuse claques pour qu’il revienne à lui. Il fallait que nous partions tout de suite, heureusement, l’âge avançant nous devenions de plus en plus prévoyants et nous avions un refuge où nous rendre. Nous allâmes chercher nos valises que nous laissions toujours prêtes pour les cas d’urgence et nous nous rendîmes au garage pour chercher la voiture. 

Une mauvaise surprise nous y attendait. La voiture n’était plus là, et à sa place se tenait deux hommes armés. Je fermais les yeux. Mon sèche-cheveux ne me serait d’aucune utilité ici, et mon arme était restée dans la cuisine. Foutue mémoire, elle me jouait des tours. A côté de moi, Etienne s’écroula, le cœur sans aucun doute. Je vis l’un des deux hommes charger son arme. 

Je fermai les yeux. Après tout, j’avais eu une vie bien remplie.

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Le hérisson

Dimanche soir, France 2 diffusait le hérisson, réalisé par Mona Achache d’après le livre de Muriel Barbery, l’Elégance du hérisson. J’avais lu le livre et avais été séduite par l’univers dépeint par l’auteur. Un huis-clos prenant et attachant. Le film a bien retranscrit l’atmosphère et s’est entouré d’acteurs exceptionnels: Josiane Balasko dans le rôle de Mme Michel, la concierge, Togo Igawa( Mémoires d’une Geisha) qui joue M. Kakuro Ozu, et Garance le Guillermic dans le rôle de Paloma Josse, petite fille précoce qui peine à trouver sa place.

C’est d’ailleurs la prestation de cette dernière qui m’a le plus impressionnée. Paloma est déterminée, elle analyse son monde avec un détachement à peine croyable. Elle m’a fait froid dans le dos tant ses expressions était celle d’une adulte désabusée par la vie. Ses remarques sont toujours directes:

Ne pas laisser sortir le chat. Ne pas laisser entrer la concierge.

La rencontre improbable de Mme Michel, rustre dans ses manières, sa façon de parler et M. Kakuro Ozu, fin, délicat est délicieusement porté à l’écran, et on voudrait que ces moments volés au quotidien se prolongent encore et encore et encore tant l’émotion est palpable entre ses deux-là.

Mais tout à une fin, et le film se termine sur une note douce-amère…

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce film/livre? 


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Les nouvelles technologies bis

Je vois qu’Emie à écrit un article sur les nouvelles technologies. Oeuvres du démon ou aide salvatrice? Bonne question, cela dépend de quel point de vue on se place!

 Les révolutions technologiques ont permis à la femme de s’émanciper de ses tâches quotidiennes, libérant son temps. Heureusement que ces machines ont fait leur apparition, car encore aujourd’hui la parité n’est pas atteinte en ce qui concerne les tâches ménagères entre homme et femme, des études parlent de 80% encore effectuées par les femmes, donc l’apparition de la machine à laver, du fer à repasser moderne est plutôt positive je pense.

En revanche, je déplore les effets pervers que créent les téléphones portables, l’accès rapide à internet. En effet, j’aperçois tout autour de moi un nombre grandissant de gens en permanence scotchés sur leur smartphone pour écrire un texto, écouter de la musique, regarder une vidéo, jouer à un jeu, ou encore chercher une information rapidement sur internet.

Avec notre portable, nous ne sommes jamais seuls, toujours reliés à une communauté, à nos amis via les sms. Mais cela ne nous coupe-il pas en même temps du monde extérieur? Toujours occupés, à n’importe quelle heure ou quel endroit, nous n’abordons plus personne, repliés sur notre monde, sommes nous réceptifs à ce qui nous entoure, disponible pour les autres? N’est-ce finalement pas, pour les cas extrêmes,  une autre forme d’isolement?

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Eternels, tome 1 : Evermore par Alyson Noel

Quand elle était plus jeune, Ever ne laissait pas indifférent, faisant tomber les jeunes hommes en pâmoison et appartenait au groupe populaire de son Collège: elle adorait sa vie.

Mais un coup du sort lui fait perdre sa famille et sa vie ne sera désormais plus la même…

Ça y est, vous versez la petite larme? Attendez encore un peu, parce que non contente d’être triste à mourir suite à la mort de sa famille, tragiquement disparue dans un accident dont elle est la seule survivante, elle se réveille de son coma avec des dons peu communs: voir les auras, entendre les pensées des gens… Sauf que c’est loin d’être aussi cool qu’on se l’imagine. Elle ressent ces changements comme des agressions et éprouve le besoin de s’en protéger, de créer une barrière entre elle et le tumultueux monde extérieur. Elle se replie sur elle-même. Exit le maquillage, jupes et bonjour aux sweat à capuche. Les remords l’étouffent (elle se sent coupable de la mort de ses parents), et l’empêchent d’aller de l’avant.

Mais heureusement, un beau, un charmant et intriguant jeune homme va faire son apparition pour renverser (presque littéralement) la situation: Damen. Aha mais que vois-je, il n’a pas d’aura! De plus, dès qu’il la touche, elle arrête enfin de percevoir toutes les pensées ambiantes! Un vrai produit miracle!

La suite de l’histoire est classique, le coeur d’Ever rate un battement à chaque fois qu’elle l’aperçoit, le touche et l’embrasse. Étrangement lui aussi s’intéresse à elle malgré son physique digne des dieux…

Je vous en ai assez dit, mon avis maintenant! C’est une histoire qui se lit très facilement même si le début est un peu déprimant. Le personnage d’Ever est très attachant, au contraire de celui de Damen qui me parait inconsistant, on n’en sait pas assez sur lui, on reste sur notre faim. Certains éléments me semblent trop rapidement élucidés comme la raison de l’apparition des pouvoirs psychiques d’Ever.

 Et vous, qu’en avez-vous pensé? 

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T’es vraiment blonde toi!

Une blonde prise en flagrant délit… ..de blondeur!

Qui n’a pas un jour entendu cette expression, à la suite d’une parole maladroite, un raisonnement bancal. Et là tout bascule, le diagnostique est posé et vous voilà relégué à l’espèce la moins développée du genre humain: la Blonde.

Dans l’imaginaire populaire actuel, vraie ou fausse, une blonde se doit de porter des mini jupes, parler fort, s’extasier devant tout ce qui est petit et mignon. En fait, elle ressemble fort à une potiche!

Mais savez-vous qu’il n’en a pas toujours été ainsi, autrefois, dans les pays méditerranéens, les blondes étaient rares, et par conséquent très recherchées, tel un soleil, elles éclairaient le monde de leur chevelure resplendissante répandant bonheur et fortune (oui je sais, je m’emballe un peu).

Aujourd’hui, la blonde reste un fantasme pour beaucoup d’hommes, peut-être grâce à l’image qu’a laissée Marilyn, ou encore Brigitte Bardot. Mais des études très sérieuses ont démontré que ces messieurs estiment que si une blonde est largement envisageable pour la bagatelle, voire même appréciée, une brune est nettement recommandée pour une vie de famille harmonieuse.

On peut toutefois se demander, comme le rappelle cet article, quelle est la place des rousses dans tout ça ! Fiable ou moins fiable qu’une brune?


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Les anges mordent aussi, Sophie Jomain,

 J’ai vraiment pas de bol, il aura suffi d’une morsure, d’une seule, pour que je me retrouve embarquée dans une histoire sans queue ni tête. Je ne sais pas exactement comment ça a commencé, et je ne sais pas non plus de quelle manière tout cela va finir. Quoi qu’il en soit, celui qui fera en sorte que les jeunes vampires arrêtent de s’enterrer dans mon jardin, sera mon héros. Et si en plus il est beau, riche et intelligent, je ne me plaindrai pas ! Je veux retrouver ma vie d avant, tranquille et… ennuyeuse à mourir.  Sauf qu’en voulant éloigner les ennuis, il arrive qu’on en attire d autres… à plumes. »

Féli est une jeune femme de 24 ans, qui travaille au Plaisir des sens, qui comme son nom ne l’indique pas est une boutique de chocolat (miam).  C’est d’ailleurs là-bas qu’elle a rencontré Daphné, une amie un peu encombrante qui a tendance à profiter de sa bonne volonté et accessoirement la trainer à ses premiers rencarts pour qu’elle lui serve de taxi et de chaperon. Vous l’aurez compris, Féli est sympa, un peu trop même, et c’est lors d’un des rendez-vous amoureux de sa copine que sa vie va basculer : une rencontre imprévue et pas vraiment la bienvenue ! Mais qui est donc cet homme à la longue chevelure noire et qui dégouline de phéromones ?  Que s’est-il donc passé cette fameuse nuit dont elle a tout oublié ?

Je n’ose pas dévoiler plus l’intrigue, ce serait te gâcher ton plaisir Ô Lecteur, mais tu l’auras compris, cette histoire est passionnante, Féli est un personnage, certes, trop gentil, mais qui ne manque pas de répartie, celles-ci m’ont fait rire à plusieurs reprises. Le cheminement de ses pensées est lui aussi très agréable à suivre, surtout quand elle croise le chemin d’hommes tous plus appétissants les uns que les autres…

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Les étoiles de Noss Head, tome 1: Vertige de Sophie Jomain

Ahhh enfin une auteure française écrivant de la « bit-lit », je savais bien qu’on avait quelques bons auteurs qui se cachaient (ou sont cachés, mais ceci est un autre débat) derrière cette multitude de livres américains ou britanniques qui prennent place dans nos librairies!

Alors pour commencer, la quatrième de couverture:

Hannah, bientôt dix-huit ans, était loin d’imaginer que sa vie prendrait un tel tournant. Ses vacances tant redoutées à Wick vont se transformer en véritable conte de fées, puis en cauchemar… Tout va changer, brutalement. Elle devra affronter l’ inimaginable, car les légendes ne sont pas toujours ce qu’on croit. Leith, ce beau brun ténébreux, mystérieux, ne s’attendait pas non plus à Hannah. Il tombe de haut, l’esprit a choisi : c est elle, son âme soeur. Pourra-t-il lui cacher ses sentiments encore longtemps ? Osera-t-il lui avouer qu’il n est pas tout à fait humain ? Il le devra, elle est en danger et il lui a juré de la protéger, toujours…

Je n’ai pas lu beaucoup de livres de ce genre, à part les twilights que j’avais adoré à l’époque malgré le ton très « gnangnan ». C’est donc avec bonheur que je remarquais que le style de ce livre était beaucoup plus enjoué, rythmé. Hannah est une fille de son temps, avec ses opinions, ses espoirs et ne se laisse pas marcher sur les pieds. J’ai donc apprécié son personnage jusqu’au moment de sa rencontre avec l’autre protagoniste, Leith et là patatra! Tous mes espoirs d’une Hannah forte et sûre d’elle s’envolent. Mais pourquoi cette rencontre a -t-elle un si fort impact sur son caractère? Heureusement, l’auteure a tout prévu et je vous laisse le soin de trouver la réponse à cette question qui nous fait plonger au coeur de l’histoire.

Ce livre m’a beaucoup fait penser à la série de Stephenie Meyer, un peu trop même, cependant ce premier tome se laisse lire avec plaisir grâce au style entraînant et l’entrée à l’université d’Hannah dans le prochain tome laisse présager une belle suite. C’est donc avec plaisir que je lirai le tome 2 de ses aventures!

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Intro

La nuit était glaciale, le vent hurlait et il était impossible d’appeler à l’aide. Gabrielle ferma les yeux. La situation lui avait si vite échappé, elle n’était pas prête à l’affronter… Elle serra presque douloureusement la main d’Esther, déjà raide et froide. Une larme coula le long de sa joue, lui rappelant qu’elle était encore en vie. Plus pour longtemps, songea-t-elle en regardant le sang s’échapper le long de son ventre. Le temps que l’organisation la localise, elle ne serait plus et laisserait derrière elle ses filles.

Sentant que ses forces diminuaient, elle s’efforça de se remémorer la scène qui avait eu lieu quelques minutes plus tôt. Esther et elles étaient arrivées dans forêt de Lamia. Elles ne s’étaient pas méfiées, l’ordre les avait envoyées parce qu’il pensait qu’elles auraient une influence sur lui, qu’il se laisserait faire, Esther ayant été son instructrice et elle-même sa meilleure amie. Comme il s’était trompé…

Il avait fait son apparition, plein de grâce et de charme comme toujours, comme si rien n’avait changé, lui avait demandé des nouvelles et avait voulu l’embrasser une dernière fois en homme libre. C’est à ce moment-là qu’elle avait perdu le contrôle. Toute à sa joie de retrouver son meilleur ami, elle ne n’avait pas pris garde à la lueur argentée qui émanait de sa besace, et en un tour de main avait été poignardée. Elle n’avait pas pu intervenir quand il s’était attaqué à Esther… Et il s’en était allé, d’un pas aussi léger qu’à son arrivée…

Gabrielle ouvrit les yeux une toute dernière fois, pour regarder le visage de son amie qui semblait dormir, et ferma les siens.

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